Biomasse et bioénergies
Bioénergies électriques et biométhane injecté dans le réseau de gaz.
La biomasse regroupe l'ensemble des matières organiques d'origine végétale, animale ou issues de déchets que l'on peut transformer en énergie : bois et sous-produits forestiers, résidus agricoles, déchets organiques des ménages et des industries, effluents d'élevage, boues de stations d'épuration. On parle de bioénergies pour désigner les différentes formes d'énergie qui en sont tirées : la chaleur (combustion du bois, réseaux de chaleur), le gaz renouvelable (biométhane issu de la méthanisation) et, dans une moindre mesure, l'électricité et les biocarburants. En France, la biomasse est la première source d'énergie renouvelable, devant l'éolien, le solaire et l'hydraulique, principalement grâce au bois-énergie utilisé pour le chauffage (source : ADEME, SDES).
Cette fiche distingue trois usages aux logiques très différentes. Le bois-énergie alimente le chauffage des ménages et les réseaux de chaleur. Le biométhane, produit par méthanisation puis épuré, est injecté dans les réseaux de gaz et se substitue au gaz naturel fossile. Enfin, une partie de la biomasse sert à produire de la chaleur industrielle ou de l'électricité. Comprendre la biomasse suppose donc de raisonner par filière, car la production, l'acheminement et la mesure de la consommation n'obéissent pas aux mêmes circuits que pour l'électricité ou le gaz fossile. Sources : ADEME, SDES, GRDF.
Fiabilité des données
⚡ La production
Explorer le pilier →Comment lire la production de bioénergies
Le portail affiche deux indicateurs de production. La puissance bioénergies par département recense les capacités installées qui valorisent la biomasse, principalement les installations de production d'électricité ou de chaleur à partir de bois, de biogaz ou de déchets. La capacité d'injection de biométhane mesure le volume de gaz renouvelable que les sites raccordés peuvent injecter dans les réseaux, exprimé en débit ou en énergie par an.
Deux voies de production coexistent. La combustion brûle la biomasse solide (bois, granulés, déchets) pour produire de la chaleur, parfois transformée en électricité. La méthanisation fait fermenter des matières organiques (effluents d'élevage, résidus agricoles, biodéchets) en l'absence d'oxygène pour produire du biogaz. Une fois épuré, ce biogaz devient du biométhane, de qualité comparable au gaz naturel, et peut être injecté dans le réseau.
Pour lire ces données, gardez à l'esprit que la production de biomasse est par nature territorialisée : elle dépend des ressources locales (massifs forestiers, élevages, cultures, industries agroalimentaires). Les écarts entre départements reflètent donc cette répartition des gisements, et non une simple inégalité d'équipement. La capacité d'injection installée n'équivaut pas à la production réelle, qui varie selon l'approvisionnement en intrants et le fonctionnement des installations. Sources : GRDF, GRTgaz, SDES, ODRÉ, data.gouv.fr.
Puissance renouvelable installée
France entièreOfficielle Source : Registre national des installations de production (ODRÉ) · Mise à jour : Annuelle
Parc de production par filière
France entièreOfficielle Source : Parc de production par filière (ODRÉ) · Mise à jour : Annuelle
Biométhane injecté dans les réseaux
France entièreOfficielle Source : Production annuelle de biométhane par site (ODRÉ) · Mise à jour : Annuelle
Couverture gaz renouvelable
France entièreOfficielle Source : Indicateur gaz renouvelable des territoires (ODRÉ) · Mise à jour : Mensuelle
🔌 La distribution
Explorer le pilier →Comment lire la distribution du gaz renouvelable
La biomasse n'a pas de réseau de distribution qui lui soit propre. C'est le biométhane qui emprunte une infrastructure existante : les réseaux de gaz. Une fois épuré et contrôlé, il est injecté soit dans le réseau de distribution exploité par GRDF (et quelques régies locales), soit dans le réseau de transport opéré par GRTgaz et Teréga. Il circule alors dans les mêmes canalisations que le gaz naturel et est consommé indifféremment par les clients raccordés.
Le portail affiche le biométhane injecté et un indicateur de couverture en gaz renouvelable. Cette couverture rapporte le gaz vert injecté à la consommation de gaz, ce qui donne une mesure de la part renouvelable du gaz acheminé. Le biométhane reste une fraction encore minoritaire du gaz consommé en France (source : SDES, GRDF), mais le nombre de sites en injection progresse régulièrement et le secteur dispose d'une file d'attente importante de projets de raccordement.
Quelques points de vigilance pour la lecture. L'injection présente une saisonnalité et peut être contrainte par le niveau de consommation locale : en été, lorsque la demande de gaz baisse, certains réseaux peuvent saturer, ce qui a motivé le déploiement de dispositifs de rebours renvoyant le gaz du réseau de distribution vers le réseau de transport. Par ailleurs, un site injecte un gaz physiquement indiscernable du gaz fossile : la traçabilité de l'origine renouvelable repose sur un mécanisme de garanties d'origine géré sous le contrôle des autorités. Sources : GRDF, GRTgaz, Teréga, CRE, SDES.
Cette lecture n'est pas disponible sur le portail pour cette énergie. Le contexte est expliqué ci-dessus et la source de référence est indiquée lorsqu'elle existe.
🏠 La consommation
Explorer le pilier →Comment lire la consommation de chaleur biomasse
Cet indicateur est partiel : le portail présente la biomasse utilisée pour la chaleur et les réseaux de chaleur, mais cette consommation n'est pas détaillée territoire par territoire. Cela tient à la nature de l'usage. Le premier débouché de la biomasse en France est le chauffage au bois domestique : plusieurs millions de ménages se chauffent au bois avec un appareil individuel (poêle, insert, chaudière), ce qui en fait le principal usage de la biomasse-énergie (source : SDES, ADEME). Cette consommation, diffuse et largement autoconsommée, ne transite par aucun compteur de réseau, ce qui la rend difficile à suivre finement par territoire.
Le second débouché est constitué des réseaux de chaleur alimentés à la biomasse, principalement du bois sous forme de plaquettes. Ces réseaux distribuent de la chaleur à des bâtiments raccordés (logements collectifs, équipements publics, tertiaire) via un circuit d'eau chaude. La biomasse y occupe une place importante dans le bouquet d'énergies, et le taux d'énergies renouvelables et de récupération de ces réseaux a fortement progressé depuis la création du Fonds chaleur (source : FEDENE, SNCU, ADEME). S'y ajoute la chaleur biomasse consommée par l'industrie.
Pour interpréter cet indicateur, retenez qu'il décrit une tendance d'ensemble plus qu'une mesure exhaustive et localisée. Les granulés de bois consommés par les ménages relèvent quant à eux pour l'essentiel de démarches de qualité encadrées par la filière (source : Propellet). En l'absence de relevé territorial homogène, la prudence s'impose pour toute comparaison entre régions. Sources : SDES, ADEME, FEDENE, SNCU, Propellet.
Prix des granulés de bois
France entièreEstimée Source : Propellet, indice national des granulés de bois · Mise à jour : Mensuelle
Sources et méthode
Puissance installée des filières renouvelables, agrégée par département puis par région.
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale, régionale, départementale
Puissance installée du parc national par filière, publiée chaque année.
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale
Somme des capacités d'injection réservées par les projets de biométhane inscrits au registre (file d'attente, projets en développement compris), par département puis par région. À distinguer de la capacité réellement en service, nettement inférieure (de l'ordre de 12 TWh/an, soit environ 12 000 GWh/an au niveau national fin 2023, environ un tiers du total réservé, selon le SDES et la CRE).
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale, régionale, départementale
Capacités d'injection de biométhane réservées par département (ODRÉ)
Volume de biométhane effectivement produit et injecté dans les réseaux de gaz, par département et par an (ODRÉ, données GRDF/GRTgaz). Mesure réelle, à distinguer de la capacité réservée des projets, nettement supérieure.
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale, départementale
Part de la consommation de gaz couverte par du gaz renouvelable injecté localement.
Fréquence : Mensuelle · Échelles : nationale, départementale
Production annuelle réelle d'électricité par filière (nucléaire, thermique, hydraulique, éolien, solaire, bioénergies), par région (RTE via ODRÉ). Le niveau national est la somme des régions de France métropolitaine continentale et de Corse. À distinguer de la puissance installée (MW), qui mesure la capacité et non l'énergie effectivement produite.
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale, régionale
Part de la chaleur produite à partir d'énergies renouvelables et de récupération (biomasse, géothermie, chaleur fatale), enquête annuelle des réseaux de chaleur et de froid.
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale, régionale, départementale
Indice national publié du prix des granulés de bois en sac.
Fréquence : Mensuelle · Échelles : nationale
Énergie thermique livrée aux bâtiments raccordés par les réseaux de chaleur, par territoire (enquête annuelle SDES).
Fréquence : Annuelle · Échelles : nationale, régionale, départementale
Volume de chaleur livrée par les réseaux de chaleur (SDES, data.gouv.fr)