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Gaz naturel : pourquoi les prix repartent à la hausse

Le prix du gaz pour les ménages grimpe de 10,5 % sur un an. Fin des tarifs réglementés, prix repère de la CRE, marché européen : ce qui explique la hausse.

Gaz naturel : pourquoi les prix repartent à la hausse
Illustration générée par IA

Alors que la facture d'électricité reflue doucement, celle de gaz prend le chemin inverse. Sur un an, le prix du gaz naturel payé par les ménages en France a progressé de 10,5 %, pour s'établir à environ 0,1436 €/kWh toutes taxes comprises, selon les données harmonisées d'Eurostat. Cette trajectoire contraste avec celle de l'électricité, dont le tarif réglementé de vente (TRV) recule de 3,8 % sur la même période. Plusieurs mécanismes expliquent ce regain.

Une hausse marquée sur un an

Le mouvement haussier touche directement le budget des foyers chauffés au gaz. À titre indicatif, pour un logement consommant plusieurs milliers de kilowattheures par an pour le chauffage et l'eau chaude, une variation de cet ordre se traduit par une augmentation sensible de la facture annuelle. Les prix restent toutefois indicatifs et varient selon les fournisseurs, les offres souscrites et la zone géographique de raccordement.

Cette dynamique s'inscrit dans un contexte particulier. Depuis la fin des tarifs réglementés de vente du gaz naturel, les ménages ne disposent plus d'un prix fixé par les pouvoirs publics. Tous les contrats relèvent désormais des offres de marché, dont les conditions tarifaires dépendent largement des cours de gros.

Fin des TRV et prix repère de la CRE

La disparition des tarifs réglementés a modifié le paysage. Pour offrir un point de comparaison aux consommateurs, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publie chaque mois un « prix repère de vente » du gaz. Ce repère n'est pas un tarif imposé : il indique un niveau de prix considéré comme représentatif des coûts d'approvisionnement et d'acheminement, que les particuliers peuvent utiliser pour évaluer une offre commerciale.

Le prix repère sert ainsi de point de référence. Une offre nettement supérieure mérite un examen attentif ; une offre proche ou inférieure peut signaler une proposition compétitive. La CRE révise ce repère en fonction de l'évolution des marchés, ce qui explique qu'il bouge d'un mois à l'autre, parfois à la hausse.

Bon à savoir : Le prix repère de la CRE est un outil de comparaison, pas un tarif protégé. Avant de souscrire ou de changer d'offre, il est utile de vérifier le prix du kWh et celui de l'abonnement, ainsi que les conditions d'évolution du prix (fixe ou indexé).

Marché européen, stockage et météo

La hausse trouve son origine en amont, sur le marché de gros européen. Le gaz consommé en France est en grande partie importé et son prix se forme à l'échelle continentale, sous l'influence de plusieurs facteurs qui se conjuguent.

  • Le niveau des stocks. L'Europe reconstitue ses réserves au printemps et en été pour aborder l'hiver. Lorsque le remplissage est plus coûteux ou plus tendu que prévu, les prix de gros se tendent.
  • La demande et la météo. Les épisodes de froid prolongé augmentent la consommation de chauffage, tandis que les besoins liés à la production d'électricité peuvent peser sur la demande de gaz. Les anticipations météorologiques jouent donc un rôle direct sur les cours.
  • L'approvisionnement. La réorientation des sources d'importation, notamment vers le gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par bateau, expose le marché européen à la concurrence internationale, en particulier celle de l'Asie. Toute tension sur l'offre mondiale se répercute sur les prix payés en Europe.

Ces éléments expliquent pourquoi le gaz reste plus volatil que d'autres énergies de chauffage. À titre de comparaison, sur la période récente, le fioul domestique a légèrement reculé, autour de 1,05 €/L, et les granulés de bois sont restés quasi stables, à environ 0,44 €/kg en sac. Le gaz se distingue par une hausse plus prononcée.

Que peuvent faire les ménages ?

Face à cette évolution, plusieurs leviers existent. Comparer les offres à l'aide du prix repère de la CRE permet d'ajuster son contrat. Les dispositifs de soutien restent par ailleurs mobilisables : le chèque énergie peut servir à régler une facture de gaz, et les travaux d'isolation ou de changement de système de chauffage peuvent être financés en partie par MaPrimeRénov', avec un effet direct sur la consommation et donc sur la facture.

Réduire les besoins reste le moyen le plus durable de limiter l'exposition aux variations de prix. Un meilleur DPE, obtenu grâce à des travaux de rénovation, diminue la quantité de gaz nécessaire pour chauffer un logement.

À retenir : Le prix du gaz pour les ménages augmente de 10,5 % sur un an, à environ 0,1436 €/kWh TTC, à rebours de l'électricité qui recule de 3,8 %. Depuis la fin des tarifs réglementés, le prix repère de la CRE sert de référence pour comparer les offres de marché. La hausse s'explique surtout par les coûts du marché de gros européen, le remplissage des stocks et la météo. Les prix sont indicatifs et varient selon les fournisseurs et les offres ; comparer son contrat et engager des travaux d'efficacité énergétique reste le meilleur moyen de maîtriser sa facture.

Source : Eurostat. Informations indicatives et non contractuelles.

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